Pour répondre à mon copain
Bill qui se demande '' comment il se fait que ceux qui pédalent ont les sentiments jamais loin des paysages qu'ils embrassent sur la route'' je laisse Paul Fournel fournir un début de piste:
1-Enfourcher un vélo c'est prendre possession du paysage.
2-Contrairement à ce qui se passe quand je suis en voiture, où le paysage se donne à voir et pas à ''être'', à vélo je suis assis dedans.
Il y a dans le vélo une relation animale au monde: les montagnes que l'on voit sont à escalader, les vallées sont à dévaler, les ombres sont faites pour se dissimuler et pour s'étendre. Ëtre dans le paysage, dans sa chaleur, dans sa pluie, dans son vent, c'est le voir avec d'autres yeux, c'est l'imprégner en soi d'une façon instinctive et profonde. La montagne qui se dresse devant moi n'est pas une montagne, elle est d'abord une côte à gravir, une épreuve, un doute, une inquiétude, parfois. Au sommet, elle est une conquête, une légèreté. Je l'ai prise et elle est en moi.
tiré de Besoin de vélo