samedi 17 avril 2010

Vous êtes pas écoeurés de vous sentir esclaves du travail bande de caves ? **

**Phrase empruntée à Claude Péloquin "vous n'êtes pas écoeurés de mourir bande de caves" et gravée par l'artiste Jordi Bonet sur le béton du Grand Théâtre de Québec.
J'aurais cru, qu'après la dernière crise économique (subprimes américaines en 2007) qui a vu nos gouvernements sortir illico d'un chapeau des centaines de millions de $ pour subvenir aux besoins des banques, des GM et autres profiteurs du système, que l'idée d'un nouveau projet de société pour modifier le système capitaliste aurait émergé des cerveaux de nos politiciens ou du moins d'une majorité de citoyens.
Michel Chartrand, qui sera enterré aujourd'hui, avait repris l'idée de plusieurs intellectuels et économistes soit celle d'un revenu citoyen garanti pour tous. Ce revenu serait suffisant pour combler les besoins de base de tous.
Je laisse aux spécialistes de la politique et de l'économique la mécanique du comment mais ne venez pas me dire que la chose est impossible.
Mon expérience
Je suis un privilégié. Me suis engagé travailleur pour une compagnie minière à 19 ans. Après 30 ans j'ai pris ma retraite. Oui à 49 ans j'étais un retraité. Le montant de ma pension importe peu. Sachez seulement qu'elle est légèrement supérieure au salaire minimum et que je n'ai jamais été un bébelleux.
Que de fois je me suis fait dire: "T'es ben trop jeune pour prendre ta retraite!" S'ti que ça me faisait rire. Comme si la retraite consistait à se bercer devant la télé à regarder les infos pub....
Je peux par contre comprendre la sécurité qu'apporte le travail ou encore la peur, pour plusieurs hommes, de se retrouver à la maison avec la "bonne femme" quand t'as passé ta vie avec tes chums au travail. Parce que oui pour avoir discuté avec plusieurs hommes de ma génération cette perspective de se retrouver avec bobonne 24h/jour ne leur plaît guère. Et puis ce genre d'indépendance face au travail ça fait aussi peur à bien des ti-bosses de bécosse. Pis là je parle pas du 4 roues, de la roulotte et du ski-doo à payer.
Ce n'est pas mon cas. Mon épouse est une TPO (travailleuse partielle occasionnelle) et je dirais même que son emploi limite un peu nos déplacements.
Pourquoi un revenu de citoyen ? Pour changer la relation avec le travail. Comme pour moi avec ma "pension".
Le travail ne devient plus qu'une activité et non plus le centre de ma vie. Je choisis le travail que j'ai ENVIE de faire pour des raisons souvent simplistes et accessoirement me ramasser un "pot" pour mes sorties de cyclotourisme ou payer les prochains pneus d'été et surtout je sais que je pourrais dire Bye Bye Boss quand j'en aurais assez de lui et de sa job.
Depuis ma retraite (2006)j'ai été tour à tour homme d'entretien dans un clsc, homme à tout faire pour un cultivateur, technicien en traitements de petits fruits (si,si), commis d'entrepôt dans une quincaillerie, pigiste pour un hebdo local. J'ai travaillé pour des périodes de 3 semaines à 8 mois pour des salaires minimum à respectables.
J'ai aimé ces emplois pour ce qu'ils devaient être: une expérience de vie libre et temporaire, un à-côté pour me ramasser de l'argent pour payer mes trips ce cyclo et quelques nécessités. Rien d'autre.
Plus tard je me verrais bien aide-pêcheur (mon beau-frère à un bateau de pêche), travailleur de rue (c'est souvent en demande dans mon village), ou simplement retourner pigiste (on m'a assuré qu'il y aurait toujours quelque chose pour moi... si j'attends pas trop) ou peut-être un autre emploi dans j'aurai envie à ce moment-là.
Si vous saviez comment le travail peut être agréable quand il n'est pas esclavage et que couplé à une forme de simplicité volontaire comment l'horizon de la vie peut être vaste. Faut juste pas manquer d'imagination et croire en ses capacités.
Si les grosses compagnies sont capables d'offrir des "pensions" à leurs employés après 30 ans pourquoi nos gouvernements ne le seraient pas capables eux aussi ?

8 commentaires:

Gomeux a dit…

Moi je dis Amen à tout ça et je te souhaite de bien guérir pour pouvoir pédaler encore longtemps.

gaétan a dit…

merci.
c'est un peu brouillon mais bon à 7 heures du matin....

Jack a dit…

Je t'ai lu rapidement, je reviendrai. Pour tout de suite, deux mots. L'allocation universelle fut le dernier cheval de bataille politique de Michel Chartrand (notamment quand il fut candidat aux élections québécoises dans le comté de Lucien Bouchard). Un de ces quatres, je me promets de résumer quelques textes que j'ai amassé sur ce concept important qui favoriserait la grande majorité des citoyens les plus pauvres dans nos sociétés archi-riches. Par ailleurs, ce matin,moi aussi je pensais au graffiti de Péloquin. Début 1960, c'est l'imprimeur Michel Chartrand qui fut le premier à épauler le poète.

T'as bien fait de prendre ta retraite!

gaétan a dit…

C'est venu comme une urgence Jack.
J'ajouterais qu'éventuellement l'aide internationale m'intéresserait.

Zoreilles a dit…

Au sujet de l'allocation universelle, quel que soit le nom que ça peut porter, je ne m'avancerais pas là-dessus, je n'y connais pas grand-chose. Est-ce pensable?

Et pour la retraite, comme je n'en aurai jamais, je me disais quand j'ai tout quitté pour devenir travailleuse autonome qu'il valait mieux aimer ma job longtemps parce que je n'allais certainement pas y laisser ma peau ni mes belles années!

Mon rapport au travail est très sain maintenant, c'est loin d'être le centre de ma vie. Pas riche mais libre. Pas mal libre. Des fois je dis oui mais souvent je dis non. C'est moi qui décide. Là-dessus, je me reconnais dans ce que tu dis. Mais beaucoup de monde me disent : « Comment tu vas faire pas de fond de pension? » ou encore, « toi, c'est pas pareil, t'as les moyens, t'es à ton compte » (s'ils savaient!...) et aussi « Je sais pas comment tu fais pour pas savoir d'avance ce que tu vas gagner », etc.

Mais les choix que j'ai faits sont à la portée de tout le monde. Suffit d'être pas trop insécure et de ne pas acheter tout ce qu'on veut me vendre!

Esperanza a dit…

Tu es chanceux à ta façon Gaétan. J'aimerais bien en être là.

Je DOIS travailler et cet esclavage dont tu parles, j'en sais quelque chose, particulièrement ces temps-ci, mais bon.

J'ai presque le même âge que toi, j'ai un fils de 6 ans, une maison pas finie de payer et une conjointe qui travaille dans le mouvement communautaire!

Ceci étant, l'allocation universelle serait certainement possible s'il n'y avait pas autant de gaspillage dans les sphères gouvernementales... Mais non... On préfère faire des très riches et des plus pauvres plutôt que des "moyens" capables de vivre.

Je devrai éventuellement procéder èa des changements dans ma vie professionnelle même si ce que je fais est relativement sécure et payant. Je devrai peut-être revenir sur le marché autonome, je ne sais pas trop. mais, èa 52 ans, on a acquis l'expérience nécessaire pour ne pas se garocher n'importe-oèu sans réfléchir!

gaétan a dit…

je tenais à souligner comment je me sentais privilégié de pouvoir le faire. Je sais que chaque cas est différent et que chacun a ses propres priorités.
Faut croire qu'en tant que société nous ne sommes pas prêt pour ça. Quand les valeurs du travail sont la compétitivité et la performance au détriment de l'accomplissement de soi on n'est pas prêt d'avoir un revenu citoyen.
La mécanique du comment y parvenir ne ferait peut=être pas l'unanimité non plus.
N'empêche que présentement nous sommes tellement en panne de projets de société que celui-ci aurait pu être plus intéressant que ceux dont nous prépare les libéraux...

É. a dit…

Ça fonctionne ainsi à Cuba depuis très longtemps. Le revenu minimum garanti fait en sorte que presque plus personne ne décroche. Du coup, dans aucun autre pays ai-je pu voir si peu d'itinérants, c'est-à-dire de gens si pauvres qu'ils ont perdu toute dignité.

Le revenu minimum est très bas, c'est une vie sans le moindre luxe, mais ceux qui ont envie de plus le font sans s'humilier (sauf à Vamardero).

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